je m'endors sur mon bureau, la joue collée à un de mes textes mélancoliques assez nuls et dès que je me réveille je me plonge dans les fleurs du mal, que je lis pour la quarante douzième fois, il faudra bien que je m'achète ma propre copie un jour. des bols de céréales traînent dans ma chambre, des ronds de tasses de café marquent la tablette au-dessus de mon lit et les tisanes ne servent plus à rien, de toute façon je n'ai jamais aimé leur goût trop apaisant, trop doux, trop vieparfaite. j'ai des cernes gros comme le monde sous les yeux, mais je m'en fous et je continue à me dire que demain, je me coucherai tôt, et le pire c'est que je me crois. j'ai recommencé à écrire, j'en suis beaucoup trop contente. les gens, le monde m'énerve, c'est encore cette misanthropie automnale qui commence, et j'annonce à qui veut l'entendre que cela fait maintenant un an que je suis intelligente, que j'ai compris que la vie était une grosse farce plate à laquelle même les plus endurcis rient jaune. je me pose trop de questions, c'est ça le problème, mais que voulez-vous, je fais partie de ceux qui aiment être tourmentés.

